Intravaia Verbo-Tonale
Méthode Verbo Tonale

Categories

Accueil > Formation > Chapitre 4.3 Les étapes de la formation verbo-tonale. Les outils de la (...)

29 novembre 2013
Pietro

Chapitre 4.3 Les étapes de la formation verbo-tonale. Les outils de la remédiation

La méthode verbo-tonale de correction phonétique recourt à l’utilisation simultanée et solidaire d’un certain nombre de procédés particuliers, que l’on peut regrouper en quatre catégories :

- 1.les procédés de correction des éléments rythmico-mélodiques et les procédés de correction phonétique par les éléments rythmico-mélodiques et corporels.
- 2. la prononciation nuancée des timbres vocaliques et de la tension consonantique.
- 3. la phonétique combinatoire.
- 4. le cumul des procédés.

Nous fournirons une description très succincte de chaque procédé puisque ceux-ci seront approfondis, avec un rappel des prérequis théoriques nécessaires, dans la partie pratique de cet itinéraire.

- 1a. Nous regroupons sous cette rubrique tous les moyens de sensibilisation de l’apprenant aux caractéristiques rythmico-mélodiques du français fondées sur les modes tendu et croissant : la reproduction de la prosodie sans les phonèmes, le battement du rythme, la scansion syllabique, le découpage en syllabation ouverte, les modulations du schéma mélodique par ralentissement et étirement intra ou intersyllabique, l’accélération du débit, le changement de registre (c’est-à-dire l’abaissement ou l’élévation de la fondamentale avec étirement tonal des fins de phrases vers les fréquences graves ou aiguës), la modification de l’intensité syllabique, les découpages régressif, progressif ou intermédiaire.

- 1b. En raison de l’étroite solidarité entre éléments segmentaux et suprasegmentaux, la plupart des procédés de correction du rythme et de l’intonation sont également employés pour remédier aux erreurs vocaliques et consonantiques.

Ainsi, nous retenons, à titre d’exemple, que :
- des moyens tels que la scansion syllabique sur le mode tendu ou le découpage en syllabation ouverte favorisent l’acquisition du rythme isosyllabique (régularité rythmique) et de l’accent de groupe, tout en contribuant du même coup à une meilleure netteté articulatoire et à une identification plus appuyée des timbres vocaliques ;

- l’étirement de la courbe intonative vers la zone suraiguë (niveaux 5 ou 6) permet de faire percevoir une courbe intonative montante confondue avec la descendante tout en renforçant la composante claire d’un timbre vocalique ; le plongeon dans la zone des basses fréquences met en évidence une intonation descendante et accentue la composante sombre des timbres vocaliques (voix de “ gros nounours ”) ;

- le découpage régressif ou progressif (emboîtements successifs des différents constituants de l’énoncé en commençant par la fin ou le début) est un procédé utilisé pour la sensibilisation aux schémas rythmico-mélodiques, mais il permet simultanément de renforcer la tension ou le relâchement des consonnes. Le découpage régressif, c’est-à-dire la césure opérée dans l’énoncé avant l’emplacement d’une consonne trop relâchée, place cette dernière en position initiale et renforce sa tension. Le découpage progressif, en revanche, place la consonne en finale et favorise son relâchement.

Les exemples d’exploitation des composantes rythmico-mélodique et corporelle à des fins de correction segmentale ne manquent pas qui serviront à démontrer par ailleurs combien la méthode articulatoire ou la méthode des oppositions phonologiques se situent aux antipodes de la méthode verbo-tonale lorsqu’elles travaillent au niveau du son ou des phonèmes isolés et ignorent les rapports d’interdépendance entre les micro-systèmes phonologique, rythmico-mélodique et kinésique.

- 2. La prononciation nuancée est un procédé qui consiste à intervenir directement dans l’émission des messages en faisant subir aux énoncés un certain nombre de nuancements, de distorsions, de filtrages de sens opposé à l’erreur pour sensibiliser l’apprenant aux éléments qu’il ne perçoit pas en raison du phénomène de surdité phonologique.

Il s’agit concrètement de s’écarter de l’erreur de l’élève en lui proposant son optimale corrective, c’est-à-dire la variante qui présente les caractéristiques inverses par rapport à la production erronée.

C’est un procédé auquel on recourt habituellement pour la correction des timbres vocaliques ou de la tension consonantique, mais les modifications peuvent porter également sur tous les autres paramètres de la parole : exagération des montées et des descentes mélodiques pour éviter les confusions entre l’intonation descendante et l’intonation ascendante, atténuation vocale des syllabes inaccentuées et renforcement simultané de l’accent de groupe pour éponger les accents lexicaux indus ; nuancement et ralentissement des glissandos intra-syllabiques ou modification de la courbure des pentes intonatives pour développer l’intonation expressive, etc. On peut dire, au sens large, qu’en verbo-tonale tout n’est que nuancement à l’exception de la phonétique combinatoire.

- 3. La phonétique combinatoire, appelée des sons voisins repose sur le constat suivant lequel les sons s’influencent les uns les autres. On tirera donc profit de certains environnements facilitants pour les besoins de la correction et on écartera les combinaisons qui entraînent des phénomènes d’assimilations indues.

Les procédures relevant de la phonétique des sons voisins sont regroupées en trois catégories : l’association d’éléments homogènes (ex. : postérioriser le point d’articulation d’une consonne en lui associant des voyelles d’arrière [u], [o], [ɔ]), la dissociation d’éléments hétérogènes (ex. : éloigner une dentale de la semi-voyelle qui suit pour éviter sa palatalisation dans monsieur prononcé [məʃø]) et la substitution d’éléments apparentés, cette dernière catégorie servant à désigner les cas de correction d’un phonème consonantique par une autre consonne qui présente des caractéristiques audio-phonatoires en tous points identiques à l’exception du trait responsable de la production erronée (ex. : la substitution par la “jota ” espagnole ou une simple expiration pour le traitement du /ʁ/ dorso-vélaire prononcé comme une réalisation rétroflexe par les anglophones.

- 4. Dans un souci d’exposition systématique et graduelle, les différentes procédures verbo-tonales, que nous venons de dégrossir à grands coups de serpe, seront appliquées à la correction d’éléments ponctuels et présentées dans leur singularité. En réalité, nous constaterons, lors de l’illustration de chacun des outils de remédiation utilisés, que le travail phonétique porte simultanément, de manière synthétique et globale, sur tous les paramètres du langage et que la méthode verbo-tonale tire son efficacité de la mobilisation cumulative, solidaire et diversifiée de toute la panoplie des procédures.

Enregistrer au format PDF Article en PDF